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Meslay-le-Grenet
La nef de l'église saint Orien est romane mais un collatéral a été ajouté au XVIème siècle. L'église est décorée d'un ensemble remarquable de peintures murales des XVème et XVIème siècles, recouvrant l'abside, les murs sud et ouest.


I)LE MUR SUD(peintures des XVème et XVIème siècles





Après la Guerre de Cent Ans et les pestes des XIVème et XVème siècles, les "memento mori" se multiplièrent: crânes, ossements, peintures rappelaient aux gens que la mort était peut-être plus proche qu'ils ne le pensaient et que personne, même puissant et riche n'y échapperait. Le dict des trois morts et de trois vifs est caractéristique.
Trois jeunes cavaliers vont à la chasse avec leurs faucons. Dans un cimetière, ils sont arrêtés par trois morts en décomposition, qui leur rappellent la briéveté de la vie et l'imporance du salut de leur âme.
L'expression " danse macabre " apparaît pour la première fois en français dans le Respit de la Mort, écrit en 1376 par Jean Le Fèvre.
" Je fis de Macabré la Dance
Qui toutes gens maine a sa tresche [ronde]
Et a la fosse les adresche [conduit]
Qui es leur derraine [dernière] maison. "
La source d'inspiration des premières iconographies fut probablement un poème du XIVème siècle sous forme de dialogue entre la Mort et les représentants de toutes classes sociales et de tous âges. Au XVème siècle, les peintures murales accompagnées de commentaires en vers étaient courantes. Le premier exemple connu de la Danse Macabre était une série de peintures murales (1424-25) dans le cloître de l'église des Saints Innocents à Paris
Dans son livre "L'Homme devant la Mort", Philippe Ariès écrit:
La danse macabre est une ronde sans fin, où alternent un mort et un vivant. Les morts mènent le jeu et sont les seuls à danser. Chaque couple est formé d'une momie nue, pourrie, asexuée et très animée, et d'un homme ou d'une femme, vêtu selon sa condition, et stupéfait. La mort approche la main du vivant qu'elle va entraîner mais qui n'a pas encore obtempéré. L'art réside dans le contraste entre le rythme des morts et la paralysie des vivants. Le but moral est de rappeler à la fois l'incertitude de l'heure de la mort et l'égalité des hommes devant elle. Tous les âges et tous les états défilent dans un ordre qui est celui de la hiérarchie sociale.
Roi - King * Patriarche - Patriarch * Connétable - Commander * Archevêque - Archbishop
Roi - King * Patriarche - Patriarch * Connétable - Commander * Archevêque - Archbishop * Chevalier - Knight * Evêque - Bishop * Ecuyer - Equerry


Abbé - Abbot ** Bailli - Bailiff ** Savant - Scholar ** Bourgeois - Burgher - Curé - Vicar
Savant - Scholar * Bourgeois - Burgher * Curé - Vicar * Médecin - Doctor * Laboureur - Ploughman * Enfant - Child (peu lisibles - Hardly legible: Usurier * Usurer * Ermite - Hermit
Exemples de commentaires en vers sous les personnages
Abbé
Abbé, venez donc! vous fuyez!
N'ayez pas la mine ébahie.
Convient-il que fuyiez la mort?
Combien donc l'avez-vous haïe!
Dites donc adieu à l'abbaye
Qui gros et gras vous a nourri.
Vous pourrirez vite: chez la mort Le plus gras est premier pourri
Laboureur
Laboureur, qui en soin et peine
Avez vécu tout votre temps,
Mourir faut, il est temps.
De mort devez être content
Car de grand souci vous délivre.
Approchez-vous, je vous attends;
Fol est qui croit toujours va vivre!
Trois femmes sont en train de bavarder. Trois démons notent leurs propos. L'un écoute, le second tient un encrier et le troisième écrit. Cette scène est une illustration de la légende de Saint-Martin, évêque de Tours (IVème siècle): Durant une messe célébrée par Saint-Martin, des femmes sont en train de bavarder. Le diable, jugé sur une poutre, note leurs paroles médisantes. Les femmes parlent si longtemps que le diable est obligé de tirer sur son parchemin pour continuer de noter la conversation. Le parchemin se déchire, le diable tombe et se casse le cou.
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