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Villiers-au-Bouin

Église Saint-PierreIndre-et-Loire (37)

Nous allons voyager dans le temps: que reconnaîtrait un pèlerin venu de l'époque de la construction de l'église (ici, du XIème siècle) et que s'est-il passé ensuite pour modifier l'édifice au point de devenir méconnaissable
Nous allons voyager dans le temps: que reconnaîtrait un pèlerin venu de l'époque de la construction de l'église (ici, du XIème siècle) et que s'est-il passé ensuite pour modifier l'édifice au point de devenir méconnaissable

Habituellement, la visite d'une église est un voyage dans l'espace: entrée par le portail occidental (ou la porte nord), remontée de la nef jusqu'au choeur et le chevet ou l'abside, puis exploration des bas-côtés, du transept et des éventuelles chapelles. Il est rarement permis de monter dans le clocher ou de descendre dans la crypte, lorsqu'elle existe.

1) Venant de l'est, le pèlerin du XIème siècle reconnaîtrait certainement une partie des murs de la nef en petit appareil, c'est-à-dire en pierrres de taille et de formes irrégulières liées par du mortier.
1) Venant de l'est, le pèlerin du XIème siècle reconnaîtrait certainement une partie des murs de la nef en petit appareil, c'est-à-dire en pierrres de taille et de formes irrégulières liées par du mortier.

2) En continuant vers l'ouest, il remarquerait que les pierres sont plus régulièrement alignées et qu'elles ont à peu près la même taille. Aux XIIème et XIIIème siècles cela permettait d'utiliser moins de mortier et d'obtenir une meilleure finition.

Villiers-au-Bouin, Église Saint-Pierre

3) En levant les yeux, le pèlerin du XIème siècle, reconnaîtrait bien la baie de gauche et son arc en plein cintre utilisé dès le début de l'époque romane, tout comme les baies géminées de la souche du clocher. Mais la baie de droite est très différente: plus grande, surmontée d'un arc brisé et garnie d'un remplage décoratif et d'un vitrail. Il faudra plus d'un siècle pour que cette mode se généralise

4) Le clocher-tour est massif, et bien que certains éléments soient romans, la présence de contreforts imposants et l'absence d'ouvertures dans la partie médiane ainsi que la présence d'une tourelle d'angle, semblent indiquer que cette partie de l'église a été fortifiée au moment des guerres de religion dans la deuxième moitié du XVIème siècle comme sa voisine, Saint-Pierre à Souvigné
4) Le clocher-tour est massif, et bien que certains éléments soient romans, la présence de contreforts imposants et l'absence d'ouvertures dans la partie médiane ainsi que la présence d'une tourelle d'angle, semblent indiquer que cette partie de l'église a été fortifiée au moment des guerres de religion dans la deuxième moitié du XVIème siècle comme sa voisine, Saint-Pierre à Souvigné

5) Plus loin vers l'ouest, se succèdent une baie romane qui ne surprendrait pas notre pèlerin, puis une tourelle d'angle fortifiée, inconnue de notre voyageur mais dont il devinerait le sens: guerres, et insécurité Guerres et insécurité sont le lot habituel: Grande Peste, Guerre de cent ans, guerres de religion au XVIème siècle

Villiers-au-Bouin, Église Saint-Pierre

6) Mais le XVIème siècle vit aussi l'épanouissement de la Renaissance, qui était partie d'Italie et avait conquis l'Europe entière entre le XIVème et le XVIème siècle. Ainsi, l'arc surmontant la porte, connu sous le nom d'arc en anse de panier, était déjà connu au XIIIème siècle mais ne se répandit qu'entre le XIVème et le XVIème siècle. Il est lui-même surmonté d'une accolade décorée de crochets: cest la fin du Moyen-Age et des accolades similaires sont communes dans les châteaux de la Loire

LES PEINTURES MURALES

THE WALL PAINTINGS

Elles datent du XVIème siècle ou même sont plus tardives comme les blasons qui devaient faire partie d'une litre funéraire encore visible

La nef et le choeur avec ses deux retables
La nef et le choeur avec ses deux retables

1) Sainte Marguerite d'Antioche - St. Margaret of Antioch:

Peu savent que Sainte Marguerite est la patronne des femmes enceintes et pourquoi.

Sous le règne de l'Empereur Dioclétien, un dragon l'avala toute vivante mais elle s'échappa de son ventre en l'entaillant avec une croix qu'elle tenait dans sa main. C'est la sainte patronne des femmes en couches
Sous le règne de l'Empereur Dioclétien, un dragon l'avala toute vivante mais elle s'échappa de son ventre en l'entaillant avec une croix qu'elle tenait dans sa main. C'est la sainte patronne des femmes en couches
Tête et queue du dragon
Tête et queue du dragon

2) SAINT CHRISTOPHE:

Saint Christophe portant un Christ presque adulte
Saint Christophe portant un Christ presque adulte

LEGENDE

Si aujourd'hui une mort subite est parfois considérée comme une "belle mort", pour nos ancêtres c'était la pire façon de mourir. N'ayant pas eu le temps de se repentir de leurs péchés ni de recevoir les derniers sacrements, ceux qui mouraient soudainement étaient voués à l'enfer et ne pouvaient pas être inhumés en terre consacrée. C'est pourquoi, dans de nombreuses églises, Saint Christophe était représenté plus grand que nature, le plus souvent sous forme de peinture murale à l'entrée de la nef. Rappelons que selon la légende Saint Christophe était un géant qui souhaitait servir le plus grand roi de la terre et finit par être converti au Christianisme par un ermite. L'ermite lui enjoignit de vivre au bord d'une rivière profonde et dangereuse. Grâce à sa taille il pourrait porter les voyageurs et les pèlerins pour leur faire traverser la rivière. Un soir, un enfant lui demanda de le faire traverser. Au milieu de la rivière, l'enfant lui parut de plus en plus lourd, le courant de plus en plus fort et malgré l'arbre qui lui servait de bâton, Saint Christophe eut beaucoup de mal à atteindre la rive opposée. L'enfant - qui était l'Enfant-Jésus - lui expliqua que le fardeau qu'il venait de porter était le poids du monde et de son créateur. Il lui dit de planter son bâton en terre et le lendemain matin, le bâton avait fleuri et portait des dattes.

If nowadays a sudden death is sometimes considered as a "peaceful death", for our ancestors it was the worst possible way of dying. Unable to repent their sins and receive the Last Rites, those who died suddenly were doomed to Hell and could not be buried in consecrated ground. This is why, in many churches, Saint Christopher was represented larger than life, most of the time in the form of a mural painting on the northern wall of the nave. You probably remember that, according to legend, Saint Christopher was a giant who wished to serve the greatest king on earth and finished by being converted to Chritianity by a hermit. The hermit told him to live by a deep and dangerous river. Thanks to his huge stature he would be able to carry travellers and pilgrims across the river. One night, a child asked him to be carried across. Halfway across the river, the child seemed to become heavier and heavier, the current stronger and stronger and even with his tree-staff Saint Christopher could only just manage to reach the opposite bank. The child - he was the Christ-Child - explained to him that the burden he had just carried was the weight of the whole world and its creator. He told him to plant the staff in the ground and the next morning it had bloomed and bore dates.

peu lisible

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Villiers-au-Bouin, Église Saint-Pierre

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