Carreaux de Pavement au Moyen-Age
MEDIEVAL FLOOR TILES
Les carreaux de pavement estampés bicolores ont été au Moyen Age (surtout au XIIIème siècle) au XVIe siècle, un des éléments majeurs de la décoration des sols des églises. Cette technique décorative eut une large diffusion dans toute l'Europe du Nord et principalement en France et en Angleterre
Les carreaux étaient réalisés dans un moule en bois de forme carrée, de dimensions supérieure à celles du carreau fini à cause de la rétractation après séchage et cuisson. On posait une motte d'argile était posée dans le moule et aplatie à la main ou avec un maillet
Le motif était obtenu à l'aide d'une estampe sur laquelle était réalisé un dessin en relief. Pressée sur le carré de brique crue l'estampe laissait une empreinte en creux
Après 24 heures de séchage, on posait de la barbotine (avec une corne de vache d'après certains chercheurs anglais). Cette barbotine (un mélange de terre et d'eau) ne devait pas être trop liquide, mais pas trop épaisse non plus. Le lendemain, on remettait un peu de barbotine pour combler les creux due à la rétractation
Après deux jours de séchage, on enlevait l'excédent de barbotine
Les carreaux étaient mis à sécher dans un endroit pas trop sec. Le séchage durait 3 à 4 semaines
Après ce séchage, ou après une première cuisson on appliquait une glaçure à la surface du carreau. La glaçure était constituée d'argile, de sable et d'oxydes faisant fonction de fondant et de colorant. Sur les carreaux bicolores, cette glaçure était composée d'oxyde de plomb, de minium ou de sulfure de plomb. Elle donnait un aspect jaune transparent. Donc le motif devenait jaune sur un fond brun/rouge. La couleur finale dépendait de la cuisson. Les carreaux bicolores étaient combinés avec des carreaux unis
Couleurs des glaçures
1. Oxydes colorants 2. Glaçure 3. Support 4. Couleur après cuisson
Oxydes de plomb 2. Glaçure plombifère 3. Argile rouge 4. Brun rouge
1. Oxydes de cuivre 2. Glaçure plombifère 3. Argile rouge 4. Vert foncé à noir
1. Manganèse 2. Glaçure plombifère 3. Argile rouge ou blanche 4. Noir
PAVEMENT DE L'EGLISE SAINT-HIPPOLYTE DE VIVOIN (SARTHE)
Ce pavement marque la transition entre le XIIe et le XIIIe siècle car il combine deux systèmes de pavage : la mosaïque et l'incrustation. Il couvrait, à l'origine, une surface de 110 mètres carrés. Le chur est divisé en neuf bandes séparées par des bordures de carreaux verts. La partie supérieure comprend une rosace en forme d'étoiles à dix branches de plus de 2,50 m de diamètre. Elle est composée de petits losanges. Entre les pointes de l'étoile, il y a des carreaux rouges décorés de feuillages jaunes. Le sanctuaire est divisé en sept bandes dont la bande centrale est plus large et pavée de carreaux-mosaïques. Le reste du pavement est composé de très beaux carreaux incrustés, ornés de griffons, d'aigles bicéphales, de lis et de feuillages.



THE FLOOR TILES OF SAINT-HIPPOLYTE AT VIVOIN (SARTHE)
These floor tiles mark the transition between the 12th and the 13th century for they combine two different techniques: mosaic and inlaid tiles. Originally they covered a surface of some 1185 square inches. The chancel is divided into nine bands separated by borders of green tiles. The upper register consists of a ten-pointed rose more than 8 feet in diameter. It is composed of small diamond-shaped tiles. Between the points of the star are red tiles decorated with yellow foliage. The sanctuary is divided into seven bands. The central band is wider and composed of mosaic tiles. The rest of the floor is adorned with beautiful inlaid tiles with griffins, two-headed eagles, lilies and foliage.
CARREAUX DES XIIIème ET XIVème SIECLES: MUSEE ARCHEOLOGIQUE DE BRAINS-SUR-ALLONNES











